L’impact du Brexit sur les universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Emilien Paulis et Fanny Sbaraglia

Rapport réalisé pour la Fédération Wallonie-Bruxelles, avril 2019

Résumé

Alors que l’issue du Brexit reste encore incertaine, ce rapport a pour objectif de questionner les effets potentiels d’un retrait Britannique « dur », qui conduirait le Royaume-Uni à devenir un Etat tiers du programme de recherche et d’innovation de l’Union européenne (UE), sur les six universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB). Un des effets potentiels les plus immédiats serait la perte de précieux partenaires qui ne pourront plus participer pleinement à des projets en consortium financés par l’UE.

Le résultat principal est que la perspective d’un Brexit dur n’est pas considérée comme une inquiétude pour les chercheurs et les services de soutien au montage de projets interrogés. En effet, l’analyse de réseaux montre que les Britanniques sont parmi les principaux partenaires des universités de la FWB mais qu’ils ne sont pas centraux dans leurs réseaux. Les partenaires Français, Allemands, Néerlandais ou Italiens sont nettement plus centraux que les Britanniques. De plus, il apparaît que les universités de la FWB collaborent énormément ensemble au travers de projets européens, ce qui est également un facteur de stabilité dans leurs réseaux. Comme les chercheurs interrogés l’expriment, la perte des Britanniques est avant tout dommageable sur le plan scientifique mais ils considèrent qu’ils ont les réseaux et les idées pour monter des projets avec des consortiums alternatifs.

Ensuite, les services de soutien au montage de projets dans les universités et dans certaines facultés sont considérés assez positivement par les chercheurs interrogés. Les demandes d’aide formulées par les chercheurs varient en fonction du type de projet : s’il s’agit d’un projet dont ils sont coordinateurs et qui implique de nombreux partenaires, alors l’aide attendue est nettement supérieure aux projets individuels. L’aide apportée par les services d’aide au montage de projets est considérée comme pertinente par les chercheurs car elle repose sur une expérience et une mémoire de longue date des projets européens. La capitalisation de cette mémoire institutionnelle est un enjeu déterminant dans l’aide au montage de projet.

Dans le cas des programmes de recherche et d’innovation européens, la perspective d’un Brexit dur est donc perçue avec sérénité par ses principaux acteurs. Néanmoins, notre analyse montre qu’une décentralisation dans les facultés ou les unités de recherche ainsi que la valorisation des postes de logisticiens de recherche permettraient de stabiliser et de spécialiser le soutien aux chercheurs afin de pallier les effets du Brexit sur les projets en consortium.